Existe-t-il une meilleure illustration de la construction métallique comme solution d’avenir ? On a beau chercher, on n’en trouve pas. La restauration des gares ferroviaires donne un exemple remarquable de la flexibilité, de la performance et de la durabilité de l’acier. Que les détracteurs de la filière métal viennent en discuter autour d’une table avec les acteurs de la construction métallique. Ils n’auraient assurément pas grand-chose à opposer à un chantier tel que celui de la halle voyageurs de la gare d’Angoulême en Charente. Cette gare qui est à 1 h 45 de Paris et 35 minutes de Bordeaux en TGV a une histoire plus que centenaire.
Cet ouvrage de plus de 3 000 m2 est étroitement lié au développement du grand axe ferroviaire Paris–Bordeaux et constitue l’un des principaux témoins de l’arrivée du chemin de fer en Charente au XIXe siècle. La gare est l’un des grands projets de transport du Second Empire et la section Angoulême–Bordeaux est ouverte le 20 septembre 1852, tandis que la section Poitiers–Angoulême entre en service le 28 juillet 1853. Dès lors, Angoulême est reliée à la fois à Bordeaux et à Paris. La construction de cette ligne fut un chantier considérable en Charente. Elle nécessita plusieurs ouvrages d’art, notamment les viaducs de la Touvre et de Couteaubière ainsi que plusieurs tunnels, dont celui d’Angoulême. Le bâtiment voyageurs présente une particularité remarquable : il a été édifié en réutilisant une partie de l’ancien Collège royal de la Marine, institution fondée au XVIIIe siècle pour former les officiers de marine. Cette origine est encore visible aujourd’hui dans certains éléments patrimoniaux conservés dans la gare.
40 % de la consommation de la gare
Cela fait donc 174 ans que cette structure de fonte, de fer et de verre est en place après avoir vu passer des milliers de trains et des millions de voyageurs. Le 28 mai dernier, après deux ans de travaux, c’est une version rénovée et modernisée de la grande halle voyageurs qui fut inaugurée. Dotée d’une toiture photovoltaïque, une première en France, la gare constitue l’archétype d’une nouvelle génération de halles alliant patrimoine ferroviaire, confort thermique et production d’énergie. La rénovation, orchestrée et conduite par les équipes d’Arep pour SNCF Gares & Connexions, allie patrimoine et modernité. Outre la restauration de la structure métallique, la toiture a reçu 840 panneaux photovoltaïques qui génèrent une énergie locale à hauteur de 40 % de la consommation électrique de la gare tout en améliorant le confort des voyageurs. Car, outre la production d’électricité estimée à 300 MW/an, ces panneaux font office de protection solaire durant les mois d’été. Sans rien enlever au caractère patrimonial de l’édifice, véritable cathédrale dédiée à un transport public par nature plus écologique que le transport individuel, les architectes et le bureau d’études de l’agence Arep ont eu un message clair. Ils ont démontré avec maestria combien l’on pouvait aller loin dans l’exploitation de ce squelette d’origine en y greffant les technologies les plus récentes.
Maître d’ouvrage : SNCF Gares & Connexions
Maîtres d’œuvre : SNCF Gares & Connexions, Arep Groupe
Entreprises : Baudin Châteauneuf / LeNy / Lassarat M / Solstyce / Arnholdt / Serty
Panneaux photovoltaïques : Voltec
Montant des travaux : 11 millions d’euros