La transition environnementale de la construction fait face à la montée en puissance de la RE2020, l'arrivée du futur Règlement Produits de Construction (RPC) et le renforcement des obligations de reporting extra-financier. Les industriels doivent désormais produire des données environnementales toujours plus nombreuses, précises et traçables. FDES, DoPC, reporting RSE, bilan carbone, Passeports Numériques Produits… les référentiels se multiplient et, avec eux, les exigences de collecte et de traitement de l'information. Cette évolution ne relève toutefois plus de la seule conformité réglementaire. Demain, la donnée environnementale pourrait devenir un véritable actif stratégique pour les entreprises. Elle sera essentielle pour démontrer la performance environnementale des produits, faciliter le réemploi et répondre aux exigences européennes. L'enjeu est de pouvoir utiliser une même donnée dans plusieurs cadres, sans multiplier les ressaisies, les contrôles et les traitements.
Le CTICM entend jouer son rôle de tiers de confiance auprès de la filière. L'organisme développe une plateforme numérique conçue pour anticiper ces nouvelles pratiques et accompagner durablement les entreprises de la construction métallique. « Nous sommes à un tournant. Les données environnementales vont devenir aussi stratégiques que les produits eux-mêmes. Notre rôle est d'anticiper cette évolution afin que les entreprises disposent d'outils simples, fiables et accessibles pour répondre aux futures exigences réglementaires. Avec cette plateforme, nous voulons transformer une contrainte en opportunité et renforcer la compétitivité de toute une filière », déclare Philippe Herboulot, directeur du Pôle Transition Écologique & Décarbonation du CTICM.
Un référentiel unique pour de multiples usages
Développée par le CTICM avec plusieurs partenaires, la future plateforme doit faire de la donnée environnementale une ressource facilement accessible, réutilisable et exploitable. Les entreprises pourront y centraliser leurs données et les mobiliser pour répondre à leurs obligations réglementaires, à leurs besoins de reporting ou, plus largement, à leur stratégie environnementale. Pensée comme un point d'entrée unique, la plateforme doit notamment limiter les ressaisies et renforcer la fiabilité des informations. Une même donnée pourra ainsi alimenter les FDES, les DoPC, les reportings RSE, les bilans carbone, les exigences de la RE2020 ou encore, à terme, les futurs Passeports Numériques Produits. L'ambition est de constituer un référentiel unique, sécurisé et réutilisable, capable de répondre à des usages multiples.
À la clé, un changement d'échelle dans la production des données environnementales. Le CTICM vise notamment à ramener le délai de production d'une FDES de plusieurs mois à quelques semaines, tout en divisant son coût par dix. De quoi rendre ces démarches plus accessibles, notamment aux entreprises qui disposent de moyens limités pour répondre à ces nouvelles obligations.« Les entreprises disposent déjà d'une grande partie des données dont elles auront besoin demain. Le véritable enjeu est désormais de pouvoir les structurer, les fiabiliser et les rendre immédiatement exploitables. Cette plateforme répond précisément à cet objectif : produire une donnée unique, fiable et interopérable, capable d'alimenter l'ensemble des usages réglementaires et environnementaux », souligne Grégoire Berthier, responsable des Partenariats de Zei.
Un consortium pour croiser les expertises
Pour mener à bien ce projet, le CTICM s'est entouré de partenaires spécialisés dans différents domaines complémentaires. Zei apporte son expertise logicielle en matière de structuration et de gouvernance des données. EVEA intervient sur les enjeux liés à l'analyse du cycle de vie et aux données environnementales. De son côté, La Forge développe les briques d'intelligence artificielle destinées à faciliter la collecte, le contrôle et la fiabilisation des informations. Cette complémentarité doit permettre de poser les bases d'une nouvelle génération d'outils numériques au service de la transition environnementale de la filière acier. Une démarche appelée à dépasser progressivement le seul périmètre de la construction métallique pour s'étendre, à terme, à l'ensemble du secteur de la construction. « La qualité des données environnementales constitue aujourd'hui un enjeu majeur pour l'ensemble des acteurs de la construction. En apportant notre expertise en analyse du cycle de vie, nous contribuons à fiabiliser ces données afin qu'elles deviennent un véritable outil d'aide à la décision, au service de la performance environnementale des bâtiments comme de la compétitivité des entreprises », conclut Lucas Giard, directeur du Pôle Bâtiment d'EVEA.