« Nous assurerons la montée en compétences et la prise d’autonomie de ces jeunes avant de les présenter aux entreprises", Edwina Caffa.
C’est un projet qui touche au cœur. Edwina Caffa, 37 ans, détachée de l’Éducation nationale, ex-CPE, a choisi de donner un nouveau sens à sa vie professionnelle. Cette femme enthousiaste et dynamique se sentait à l’étroit entre les murs des collèges et des lycées professionnels de la région parisienne. Son public est constitué majoritairement d’adolescents issus de l’ASE (Aide sociale à l’enfance). « J’avais besoin d’agir directement et concrètement sur le parcours de ces jeunes que j’accompagne », dit-elle. D’où l’idée de créer une entreprise de métallerie qui les emploierait à l’issue de leur CAP tout en poursuivant un travail d’encadrement. Mais pourquoi la métallerie ? C’est la rencontre avec un professeur de métallerie au Lycée Pro Enna à Saint-Denis (93), Ibrahima Ndoye, aujourd’hui retraité, qui lui a transmis le goût pour le métal. « Il m’a fait découvrir cette atmosphère magnifique de l’atelier avec la soudure et les gerbes d’étincelles du meulage. Il m’a appris les premiers gestes du métallier et fait prendre conscience de l’importance de la formation pour ce métier ». Vient ensuite un constat alarmant : les entreprises du secteur peinent à recruter et les jeunes qui sortent de la formation avec un CAP peinent à trouver les entreprises. « Mon entreprise sera un sas entre l’école et la vie active. Ces garçons et ces filles ont besoin d’un accompagnement pour entrer dans le monde du salariat. Ne serait-ce que pour les aspects administratifs et les démarches à entreprendre pour accéder à un logement ».
Un positionnement commercial atypique
À quoi ressemblera cette structure ? « La Veb Métallerie qui démarrera en septembre 2026 comptera six à dix jeunes issus de l’ASE et titulaires d’un CAP de métallerie. Ils seront encadrés par un chef d’atelier expérimenté et nous nous pencherons en priorité sur la fabrication de garde-corps, de rampes et de mobilier urbain ». Le local se trouvera en Seine-Saint-Denis. Le positionnement commercial est atypique et mérite l’attention : l’idée est d’être sous-traitant des majors du BTP comme des entreprises de métallerie pour ensuite proposer sa main-d’œuvre auxdites entreprises. C’est l’idée du sas. « Nous assurerons la montée en compétences et la prise d’autonomie de ces jeunes avant de les présenter ensuite aux entreprises d’Île-de-France qui cherchent une main-d’œuvre qualifiée ». Or, pour que ça marche, il faut que les PME du secteur jouent le jeu de la commande de sous-traitance. « Je ne demande pas de soutien financier, mais un volant de commandes pour assurer le fonctionnement », explique la future dirigeante. Depuis des mois qu’elle fait mûrir son projet, Edwina a réussi à convaincre quelques décideurs dont la direction de MND, celle de GTM Bâtiment, des fournisseurs dont un fameux fabricant de postes à souder, les Écoles de production sont attentives à sa démarche, Onesta, France Inertage, Assli Consulting, Global Industrie est investi dans l’opération tout comme l’organisme Les Métalistes… Reste à convaincre des entreprises de métallerie à prendre contact avec la dirigeante. Au fait, pourquoi ce nom La Veb Métallerie ? « Ça vient de la vie est belle, une expression que je lâche souvent dans mes échanges ». Edwina Caffa est non seulement une femme enthousiaste, mais résolument optimiste.