L’emplacement est idéal. Au bord d’une route passante, en haut d’un promontoire et près d’un carrefour routier entouré de centres commerciaux. L’entreprise Macrel se voit de loin dans cette commune de 4 200 habitants, non loin de Saint Lô. La métallerie créée en 1966 par Jean Macrel et son épouse Jeanine est depuis 2016 dirigée par leur fils David accompagné par son épouse Émilie. Présente sur deux matériaux, l’aluminium et l’acier, la PME connaît depuis quelques années un nouvel élan.

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La zone de départ.
Outre l’emplacement, c’est le bâtiment qui est idéal. Facile d’accès avec un grand parking devant l’entrée, ce bâtiment de 1 800 m2 couverts (dont 200 m2 de bureaux) est en ossature métallique. Il bénéficie d’une belle hauteur sous plafond (8 m sous faîtage) et d’un éclairage naturel remarquable. Il y a eu plusieurs phases d’agrandissement les trente dernières années. La partie atelier est divisée en deux zones distinctes : l’une pour la menuiserie aluminium et l’autre pour la métallerie et la charpente métallique. « Dans les années quatre-vingt mon père avait décidé de s’intéresser à l’aluminium et avait démarré avec Technal », rappelle David Macrel. C’est David qui a relancé cette collaboration avec le gammiste de Toulouse jusqu’à devenir Aluminier agréé Technal il y a trois ans. Cet atelier aluminium est solidement équipé. Outre la scie à deux têtes, on y trouve depuis peu un centre d’usinage quatre axes (modèle FMC 340 de Fom Industrie) de dernière génération qui permet de réaliser les perçages et les usinages à grande vitesse et avec une grande précision.

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Une activité annexe : la fabrication de braseros indestructibles !
Automatisation sur l’acier
Le dirigeant aime les machines et ça se voit. Côté métallerie il a investi en 2020 dans une ligne CNC automatique qui a profondément transformé les habitudes : la ligne Excalibur 12 du fabricant italien Ficep. « Au départ, certains compagnons ont pensé que cet ensemble serait surdimensionné au vu de notre activité. Aujourd’hui, je me rends compte que la plupart des percements sont faits sur l’Excalibur ». Outre sa relative compacité, l’Excalibur offre l’avantage de pouvoir usiner des profilés acier de 50 à 1 000 mm. Cette flexibilité ouvre un large éventail de marchés et d’ouvrages pour Macrel. Couplée à deux ponts roulants de 3,2 tonnes de capacité qui desservent toute la surface de l’atelier et de la zone de stockage des ouvrages terminés, cette ligne automatique est devenue indispensable. Plus classiquement, l’atelier métallerie est aussi doté d’une plieuse 4 m de chez Amada et d’une cisaille Haco.

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Le show-room à l'attention des clients particuliers est en cours d'installation.
Signalons que chacun des six postes de travail est équipé en air comprimé et que Macrel s’est doté de deux compresseurs à air pour parer à toute panne éventuelle du circuit d’alimentation. Notons aussi qu’au bureau d’études qui occupe deux personnes c’est le logiciel TechDesign de Technal qui sert pour la conception, le calcul et le chiffrage des menuiseries et façades rideau aluminium.

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Le centre de perçage Excalibur de Ficep a changé les habitudes de la métallerie.
Dessin sur tablette numérique
Pour la métallerie, le BE utilise le logiciel Tekla de l’éditeur Trimble. Il a remplacé il a des années déjà le logiciel 2D Cesiom aujourd’hui distribué par Aertis. David Macrel s’empresse de préciser qu’il travaille beaucoup à main levée sur une tablette numérique. « Nous dessinons sur la tablette qui intègre des photos. Nous y inscrivons les cotes et c’est directement envoyé au bureau d’études ». Cette dématérialisation et digitalisation sont un des dossiers que s’est vue confier Émilie Macrel. Outre la gestion et les ressources humaines, elle s’attache à engager l’entreprise vers le « zéro papier ». L’ex dirigeante d’un salon de coiffure est également investie sur le positionnement et l’image de Macrel. « Il y a encore beaucoup de monde dans la région qui ignore ce que nous faisons. Nous devrions organiser plusieurs fois par an des visites et portes ouvertes. Ça nous oblige aussi à être irréprochables sur l’organisation, le port des EPI, des vêtements de travail et avec un cheminement dans l’atelier », dit-elle. La cible étant clairement le grand public.

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Le bureau d'études travaille avec le logiciel Tekla de Trimble.
Un virage vers le particulier
La métallerie a ses marchés dans les extensions d’usines, les garde-corps, les escaliers et assez peu dans la menuiserie acier sur laquelle la demande semble faible localement. « Notre cœur de métier ce sont les chantiers privés, les bâtiments industriels, les extensions, les façades rideaux et les portes de halls ». Côté aluminium, qui représente 60 % du chiffre d’affaires, le tournant est engagé vers les clients particuliers. Ce virage permettrait d’élargir la palette d’activité et d’être moins exposé aux baisses d’investissement des industriels et des organismes publics. Avec le soutien actif et les conseils du gammiste Technal, la PME familiale croit fortement au développement de son activité dans cette direction. « Notre région n’est jamais loin de la mer. C’est un atout pour l’aluminium qui permet de valoriser le bien immobilier des particuliers », assure Émilie Macrel.

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Centre d'usinage Fom dans l'atelier aluminium.

David Macrel

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Il a grandi dans un environnement de métallerie. À 55 ans, David Macrel a encore en mémoire le bruit de l’enclume qui rythmait les journées. « C’est un son qui a marqué mon enfance ». Assez logiquement il a fait sa formation dans le métal. En chaudronnerie, car il n’y avait pas de section métallerie dans les établissements de Saint-Lô. CAP, brevet de technicien puis un BTS en construction métallique ont fait sa formation initiale. Or, l’essentiel il l’a appris aux côtés de son père Jean. Après sa disparition en 2016, David prend seul les commandes de la PME. Encore loin de penser à une transmission, ce dirigeant peut compter sur un solide socle de collaborateurs tous attachés à ce coin de la basse Normandie.
Entreprise : J Macrel SARL
Effectifs : 18 (dont deux apprentis)
Chiffre d’affaires : 2,8 millions d’euros
Surface couverte : 1 800 m2 (dont 200 m2 de bureaux)
Projet d’investissement : Table de découpe plasma ou laser