Un grand classique : les films collés avec un adhésif sur les menuiseries. | L'environnement du chantier est fréquemment ponctué de comportements irrespectueux. Un grand classique : les films collés avec un adhésif sur les menuiseries. | L'environnement du chantier est fréquemment ponctué de comportements irrespectueux.
Les dégradations sur les ouvrages posés en cours de chantier se multiplient. À défaut de pouvoir changer les comportements de certains intervenants, il convient de mieux protéger son travail. Plusieurs solutions existent sur le marché.

C’est une des calamités qui frappe régulièrement les entreprises de métallerie et de menuiserie métallique : les dégradations sur leurs ouvrages vitrés. Sachant qu’ils sont posés en général en milieu de chantier, le risque est réel qu’il y ait une dégradation par d’autres intervenants sur le site. Le phénomène serait en hausse. Frédéric Gallez, dirigeant des Ateliers FG à Chambly (60) est de ceux qui dénoncent cette évolution sur les chantiers, notamment ceux des marchés publics. « La situation peut être qualifiée de dramatique. Quand ce n’est pas carrément le support en maçonnerie qui est impropre, il y a un risque élevé de voir nos ouvrages abimés à coups de projections de peinture, de ciment, d’étincelles de meulage, de sable, de plâtre ou carrément de bris de verre », dit-il. C’est au point que certains préfèrent démonter les ouvrants pour les mettre à l’abri à l’atelier le temps que le chantier se termine. Frédéric Gallez, a choisi de se concentrer sur les marchés privés ce qui ne l’empêche pas de protéger ses ouvrages. « Nous sommes responsables de notre travail jusqu’à réception du chantier. La protection que nous choisissons est à notre charge et elle coûtera de toute manière moins chère que s’il fallait refaire l’ouvrage ou le réparer ». Plusieurs types de protections sont possibles.

De la bâche au panneau

Prenons les garde-corps vitrés qui deviennent élément de sécurité durant le chantier et se trouvent exposés au trafic des autres corps de métier. C’est le panneau rigide (MDF, polycarbonate ou polypropylène alvéolaire) ou éventuellement une housse matelassée qui semblent les plus appropriés. Ces panneaux, à condition qu’ils soient nettoyés et pas trop abîmés, peuvent être réutilisés sur d’autres opérations. Sur les menuiseries, le mode classique de protection est le film polyane que l’on colle sur l’encadrement avec une bande adhésive. C’est peu coûteux et relativement efficace contre les projections de peinture, voire de ciment. Mais c’est aussi assez long à poser en admettant que l’on couvre parfaitement la menuiserie avec la bande collante et lors du démontage, six mois ou un an plus tard, il n’est pas certain que l’adhésif ne laisse pas une trace sur le profil. Ne parlons pas des risques de rayures qui se posent au moment de défaire les films avec un outil pas adapté, ou du risque d’arrachage par vent fort… En fin de chantier, il y a aussi la question du déchet qui se pose avec ces films plastiques qui peuvent rapidement devenir encombrants.

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© Pyc
Le risque est élevé pour les garde-corps tout verre quand ils ne sont pas protégés par un panneau rigide.

Pulvérisation d’un film liquide

Depuis une dizaine d’années, c’est la solution de la protection liquide qui semble gagner du terrain tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. L’application au pistolet d’un produit polymère liquide en phase aqueuse qui, en séchant, crée un film protecteur pelable, est la solution qui monte de manière conséquente. L’application se fait sur une menuiserie propre et sèche à l’aide d’un pulvérisateur (Airless) à peinture. La viscosité est en effet proche de celle d’une peinture. La projection se fait facilement et relativement vite comme on le ferait pour recouvrir un mur de peinture. « Il faut veiller à avoir la bonne pression et le bon débit pour ne pas risquer d’avoir un film trop fin », avertit Brigitte Marchal, responsable commerciale du fabricant belge Hevadex. « Un film trop fin implique des déchirements en lambeaux au moment du démontage. La qualité d’un film se mesure à la dépose ». Si le film pelable n’est pas d’un seul tenant cela réduit évidemment l’atout numéro un de cette protection qui repose sur le gain de temps. Pour le séchage il faut compter entre une heure et une journée selon le taux d’humidité dans l’air et la température ambiante. Directement après la pose, il est recommandé d’ouvrir les parties mobiles de manière à maintenir les accès et la ventilation. Aussi le film est quasi transparent et il ne modifie que peu l’éclairement naturel dans le bâtiment. Frédéric Gallez est un défenseur de la solution liquide en toutes circonstances. Il a toutefois une réserve : « Nous nous sommes aperçus que le joint de battu pouvait suivre avec le film au moment du pelage. Nous recommandons donc de ne mettre les joints qu’à la fin du chantier ». Pour ce cas, Hevadex recommande l’application d’un film anti-adhésif sur les joints.

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Pulvérisation en extérieur | "La situation sur certains chantiers peut vite devenir dramatique".

Enfin, qu’en est-il du coût ? Chez Hevadex, Brigitte Marchal estime qu’il faut compter 5 euros le m2 et qu’il est nécessaire d’appliquer au moins 0,60 kg de produit au m2 pour une épaisseur moyenne d’environ 500 microns. D’autres estiment qu’il faut compter environ 9 euros le kg. Il est préférable de ne pas gâcher, d’autant qu’une fois entamé, le pot en question devient rapidement inutilisable s’il n’est pas correctement refermé.

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Le film ne réduit que peu la transmission de la lumière naturelle | L'arrachage doit se faire idéalement d'un seul tenant.

Solutions liquides : quels produits et quels fournisseurs ?

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Omniguard du fabricant belge Hevadex est une émulsion de résine liquide qui s’applique idéalement la pompe Airless. Sur les métaux non revêtus, le produit forme une protection contre la corrosion. Il est stable aux UV durant 24 mois minimum. Il dispose de fiches de certification du CSTB et du bureau Veritas. Existe en quatre variantes selon l’usage et la destination.

www.omniguard.be

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Pintonyl de la SID (Sté industrielle de diffusion) est un enduit pelable en émulsion aqueuse sans solvant et ininflammable. Il forme un enduit souple plastique de 200 à 300 microns qui résiste aux vapeurs acides. Il peut être utilisé pour amortir des chocs et éviter les rayures sur les menuiseries mais aussi les carrelages et tous les supports fragiles. Vendu en bidons de 25 kg.

www.sid.tm.fr

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Peripeeling de la société Périmètre est un film pelable et « désincrustant », c’est-à-dire qu’il nettoie la surface lors de l’enlèvement. Le produit est épais et s’applique en l’état à la brosse. Une fois dilué, il peut aussi être appliqué au pistolet Airless. Le film s’enlève en tirant à la main ou avec de l’eau chaude. Une couche de 50 à 80 microns est nécessaire pour obtenir une bonne protection.

www.perimetre-batiment.com

Le panneau rigide a ses atouts

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Le Protecta Panneau est une plaque de protection temporaire en polypropylène alvéolaire (PP) idéale pour les garde-corps vitrés. Sa structure rigide, étanche et imputrescible assure une protection efficace contre les chocs mécaniques, les projections de liquides, les poussières et les salissures. Le matériau confère au panneau un bon rapport poids/résistance. Disponible en 2 mm, 3 mm et 4 mm d’épaisseur, il est adapté à différents niveaux de sollicitations, allant du trafic léger aux zones soumises à des contraintes plus élevées. Sa surface se découpe facilement au cutter et peut être pliée sans rupture. La mise en œuvre est rapide : le panneau se pose à plat sur les zones à protéger et peut être fixé à l’aide d’un adhésif basse adhérence afin de préserver les supports.

www.protectascreen.fr