© Pyc
Le cœur de ville a longtemps battu au bruit des machines qui produisaient toutes sortes de biens. C’était du circuit court avant l’heure…

Il y en a qui s’en réjouissent, d’autres, comme moi, ne peuvent s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. En passant dans une ruelle de la rive droite de Paris, je tombe sur cette ancienne serrurerie-ferronnerie qui est devenue une galerie d’art. Les repreneurs de cet atelier qui a sans doute employé une dizaine de salariés, ont pris soin de conserver en l’état la devanture patinée. Comme une manière de s’approprier « l’esthétique ouvrière » tout en veillant à signaler qu’ici désormais on chuchote devant les œuvres d’art contemporain. Fini le vacarme du métal et les fumées de la forge… Je ne peux m’empêcher de penser que dans les années soixante, Paris comptait encore plusieurs dizaines de milliers d’établissements industriels au sens large (du plus petit atelier jusqu’à l’usine importante).

Les usines dans Paris

Quai de Javel, dans le 15e arrondissement, se produisaient des voitures chez Citroën… Les sous-traitants de toutes sortes s’activaient encore dans la capitale et c’était pareil dans les autres grandes villes de France. Un demi-siècle plus tard on a réussi à évacuer la quasi-totalité des activités industrielles et artisanales d’abord vers la périphérie, puis la province et enfin vers les pays étrangers aux coûts salariaux plus avantageux. Les cœurs de villes ont perdu ce qui y faisait battre la vie. Et dire que l’on n’a jamais autant vanté « les circuits courts » et le « consommer local » qu’aujourd’hui… L’on a effectivement chassé les fumées, mais nous avons gagné l’enfumage...