Dans son discours d’investiture, prononcé le 8 juillet lors de l’Assemblée Générale de l’Union des métalliers, Christophe Bonhomme, 62 ans, a tracé les grandes lignes de son action future : défendre les métiers de la métallerie, redonner à la filière métal une place centrale dans la construction, et renforcer le soutien aux entrepreneurs du secteur. Un programme ambitieux, dans un contexte marqué par des pressions réglementaires, une concurrence accrue et des enjeux de transition écologique.
Réélection symbolique et engagement renforcé
Christophe Bonhomme a tenu à ce que son élection suive une procédure formelle, « pour que chacun puisse faire entendre sa voix », malgré son statut de candidat unique. Une démarche qui souligne sa volonté de transparence. « La confiance que vous m’avez accordée me touche profondément », a-t-il déclaré en ouverture de son discours, rappelant que cette réélection consacre la dynamique engagée depuis 2023. Son premier mandat a été marqué par des avancées sur les fronts normatifs et réglementaires, des sujets qu’il qualifie de « part immergée de l’iceberg » : moins visibles, mais vitaux pour l’avenir de la profession. Pour les trois années à venir, la feuille de route reste inchangée dans ses grandes lignes, mais avec une intensification des efforts sur des axes stratégiques.
Défendre la métallerie sur plusieurs fronts
Le premier défi identifié par Christophe Bonhomme est la préservation des spécificités des métalliers, menacées par une concurrence industrielle croissante, une administration peu sensible à leurs particularités, et une Europe qui peine à distinguer fabrication en série et métier d’art. « Notre modèle, qui allie conception, fabrication et mise en œuvre sur mesure, est fragile », a-t-il alerté. Face à cette pression, l’Union des métalliers devra « jouer de tout son poids politique et économique » pour défendre les intérêts du secteur. « Il nous faudra être présents partout où il le faut, et quand il le faut », a-t-il insisté, tout en reconnaissant la nécessité de « faire preuve de réalisme » et de s’adapter, sans pour autant renoncer aux « limites à ne pas franchir ». Un équilibre délicat, mais nécessaire : « L’Union mettra tout en œuvre pour défendre ses intérêts vitaux lorsqu’elle le jugera nécessaire. »
Valoriser la filière métal dans la construction
Second axe majeur : réhabiliter l’image de la filière construction métallique, trop souvent malmenée par des réglementations environnementales comme la RE 2020. « Notre matériau de prédilection a souffert d’une désinformation et d’un positionnement politique défavorable », a regretté Christophe Bonhomme. Pour inverser la tendance, l’Union mise sur une stratégie collective : mieux communiquer sur les atouts du métal (décarbonation, réemploi, durabilité) et les illustrer par des réalisations concrètes. « Nous devons démontrer notre capacité à tenir nos promesses », a-t-il souligné. Le projet de salon MetalExpo, évoqué lors de l’Assemblée Générale, s’inscrit dans cette logique de valorisation de la filière.
Soutenir en priorité les entrepreneurs
Dans un environnement marqué par « l’instabilité durable et l’imprévisibilité persistante », les chefs d’entreprise de la métallerie se sentent souvent isolés. Christophe Bonhomme a donc placé le soutien aux dirigeants au cœur de son troisième axe. « Une entreprise ne peut se sentir bien si son chef ne l’est pas », a-t-il rappelé. L’Union compte ainsi développer des dispositifs d’accompagnement, notamment pour aider les entrepreneurs à surmonter des situations critiques comme la transmission d’entreprise ou la gestion du stress. « Il est grand temps de nous occuper du bien-être des dirigeants », a-t-il plaidé.
Un mandat collectif pour des défis existentiels
« La tâche est complexe, les défis nombreux et les enjeux existentiels », a reconnu Christophe Bonhomme. Mais c’est précisément cette difficulté qui motive son engagement : « C’est lorsque la course est longue et ardue que le défi est enthousiasmant. » Pour y parvenir, il mise sur l’intelligence collective : les métalliers volontaires dans les commissions, les partenaires de l’Union, et une équipe mobilisée. Le Bureau de l’Union des métalliers sera d’ailleurs partiellement renouvelé dans les prochaines semaines, afin de mieux refléter les attentes des adhérents. « Cette confiance m’engage et m’honore. Je saurai en être digne », a-t-il conclu, avant de remercier l’assistance pour son attention.
Contexte et perspectives
L’Union des métalliers représente aujourd’hui plusieurs centaines d’entreprises en France, actives dans la fabrication sur mesure d’ouvrages métalliques (menuiseries, charpentes, escaliers, etc.). Le secteur, historiquement ancré dans l’artisanat, fait face à une concurrence accrue des industriels et à des réglementations environnementales de plus en plus contraignantes, comme la RE 2020, qui favorisent d’autres matériaux (bois, béton bas carbone). La réélection de Christophe Bonhomme intervient dans un contexte de tensions sur les coûts des matières premières et de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, deux défis supplémentaires pour la filière.
Prochaines étapes :
Annonce de la composition du nouveau Bureau dans les prochaines semaines.
Lancement des préparatifs pour le salon MetalExpo, vitrine des innovations de la filière.