Le soudage laser manuel a fait du chemin chez les métalliers. Certains ont commencé à s’équiper. À défaut de cadre réglementaire précis, ils ont veillé à faire au mieux pour garantir la sécurité lors de l’utilisation de ces machines. À la Serrurerie de la Parette à Roquefort-la-Bedoule (13), l’installation a été contrôlée et certifiée. Le point et quelques conseils avec Paul Mercey, métallier et soudeur qualifié dans cette métallerie réputée pour son travail de qualité.
1. Une zone dédiée. À la Serrurerie de la Parette, c’est une pièce de 90 m2 dans l’atelier qui est réservée au soudage conventionnel (MIG/MAG, CMT, TIG) et au laser.

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La porte dans l'atelier de soudage est verrouillée quand le poste laser est en marche.

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Les rideaux intérieurs protègent les personnes à l'extérieur de la zone et réduisent les risques de réflexion du faisceau.
« C’est notre zone propre et on n’y entre pas comme on veut », insiste Paul Mercey. Il faut sonner pour entrer. L’ouverture de la porte désactive automatiquement le poste laser, des volets roulants motorisés obturent les fenêtres, de lourds rideaux opaques en matière spéciale sont tirés côté atelier, le plafond est traité par une tôle galvanisée évitant les réflexions de faisceau. De l’extérieur, il est possible de regarder dans la zone de soudage via une vitre de protection laser (un verre ou un plastique spécifique et coûteux). Un voyant lumineux avertit lorsque le poste laser est actif. Avant sa première mise en service, la cabine et les dispositifs de protection ont été certifiés par un organisme de contrôle spécialisé dans les installations laser.
2. Aspiration des fumées. Que ce soit pour l’arc ou le laser, l’espace est équipé de plusieurs bras aspirateurs de fumées.

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Il y a bien un dégagement de fumée avec le laser, même s'il est peu visible.

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Il est préférable d'opter pour des masques de protection plutôt que des lunettes.

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Le fabricant IPG est parmi ceux qui ont le plus de fonctions de sécurité.
« Attention au laser, on a le sentiment qu’il n’émet pas de fumée. C’est traître, la fumée est bien réelle mais quasi invisible », explique Paul Mercey. Les bras sont reliés à une centrale d’aspiration installée à l’extérieur de cette grande cabine de soudage. Pour l’Inox, en plus de l’utilisation de ces bras, l’opérateur s’équipe d’un masque individuel de respiration filtré CleanSpace.
3. Le choix du matériel. La métallerie a opté pour le fabricant américain IPG Photonics.
Le contact avait été pris en 2024 lors des Assises de la métallerie. Un investissement de 35 000 euros, soit 50 % de plus que les fabricants chinois. « Nous l’avons choisi, car c’est le matériel le plus sécurisé en matière de déclenchement d’alerte et de coupure machine. S’il manque une des conditions avant la mise en route, l’appareil ne s’allume pas. Aussi, il déclenche des messages d’erreur », note le soudeur. Les installations de protection, les EPI, la formation obligatoire de niveau 2 et l’organisme de contrôle ont coûté 25 000 euros HT. La salle était déjà cloisonnée.
4. La consommation de gaz. « Attention à la consommation en gaz (azote).

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Un cordon réalisé au laser. Les traces de bleuissement viennent du pointage au semi-auto.
Elle est sensiblement plus élevée que sur un poste semi-auto. Nous avons la cuve extérieure qui alimente la découpe laser, alors nous avons relié une alimentation de la cuve vers la zone de soudage. L’azote est un peu moins cher que l’argon, mais tout de même, c’est un budget à prendre en compte. Notre fournisseur Air Products remplit la cuve par l’extérieur du bâtiment ».
5. La formation des soudeurs. La technologie paraît plus facile d’accès, mais elle ne dispense pas d’une formation.

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"La formation dans un organisme spécialisé a été extrêmement utile", Paul Mercey.
Il est connu qu’un soudeur qualifié aura besoin d’être formé à ces nouveaux gestes avec une torche qui est plus lourde et plus encombrante qu’une torche de semi-auto et encore plus qu’une torche de TIG. « Nous avons eu une appréhension avant de démarrer le travail avec cet équipement. Du coup, la formation dans un organisme spécialisé a été extrêmement utile. Il ne faut pas avoir peur, mais avoir la conscience du risque et la vigilance sont nécessaires. Nous avons fait une formation théorique de niveau 2 pour sensibiliser toute l’équipe aux risques de l’équipement et avons formé trois salariés à la pratique du soudage laser », conclut Paul Mercey.