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On ne peut plus s’en passer. Les réticences à porter des EPI sont quasiment oubliées. Les équipements sont devenus plus confortables à l’usage et globalement plus performants. Et le style n’a pas été oublié. Il devient même une condition de l’acceptabilité.

Souvenons-nous, il y a trente ans, à quoi ressemblaient les EPI en métallerie. Ou plutôt, rappelons-nous un instant, les contours du débat sur la protection des salariés à l’époque. On s’efforçait de trouver la bonne méthode pour « obliger » les compagnons à porter les EPI réglementaires. Les bleus, les cagoules, les gants et les chaussures de sécurité constituaient l’essentiel de ces protections. Et cela sans beaucoup d’effort de style, de confort, d’ergonomie et inévitablement de performance. Les choses ont considérablement changé et c’est évidemment une bonne chose. Au-delà des EPI eux-mêmes, c’est la prise de conscience par les dirigeants et managers actuels que la sécurité des salariés est une question globale. Elle englobe l’éclairage et la ventilation naturelle, l’organisation de l’espace, la propreté, l’état des locaux sociaux, la sécurisation des machines dangereuses, etc.

Associer confort et protection

La difficulté principale dans la métallerie est qu’il ne s’agit pas d’un métier « monotache ». Dans une même journée un métallier à l’atelier ou sur chantier peut avoir une série relativement variée de tâches à réaliser. Pour faire accepter par le plus grand nombre les EPI il faut nécessairement arriver à conjuguer confort et protection. Il est totalement vain d’imaginer faire porter un EPI inconfortable ou gênant à un compagnon. C’est encore plus vrai aujourd’hui que ça ne l’a été il y a trente ans. Cela revient, par exemple, à utiliser plusieurs types de gants différents selon que l’on est en train de souder, que l’on manipule des tôles fines ou que l’on doive installer des quincailleries dans un châssis. Depuis quelques années il convient d’y ajouter que ces gants sont « compatibles écrans », que l’on puisse travailler sur écrans tactiles sans les enlever. C’est la particularité du métier et il faut faire avec…

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Des transferts technologiques

L’offre des fabricants s’est adaptée au cours des décennies à cette diversité et cette variété de situations. Ils ont su tirer profit des évolutions des matériaux. Des textiles et des matériaux de synthèse plus légers, plus faciles à adapter aux morphologies et aussi plus enveloppants. C’est le cas des lunettes et des surlunettes, par exemple. Côté vêtements, outre le distinguo entre tenues taillées pour les hommes et pour les femmes, les textiles ont évolué. Les catalogues proposent depuis peu des tenues « anti-chaleur ». Être protégé tout en ayant des vêtements moins chauds en période estivale. Les transferts technologiques du monde sportif vers celui du travail ont été concluants. Sur le terrain des masques de soudage on observe une tendance nette à l’intégration de l’écran de meulage. C’est un gain de temps et de protection. Aussi les modules de ventilation se développent doucement.

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La tendance dans les cagoules est au combiné soudage et meulage.

Dans une étude réalisée par l’OPPBTP entre 2013 et 2019, on apprend que pour 100 euros investis dans la prévention il y a un gain moyen de 300 euros au bout de trois ans chez les TPE PME du bâtiment.

Équiper ses équipes, c’est rentable

La baisse des arrêts de travail y est pour beaucoup. Mais pas que. Travailler dans une entreprise qui se soucie du confort et de la sécurité de ses salariés a un effet direct sur la productivité. Moins d’absentéisme et plus de motivation. La suite ce sont des équipes qui perdurent et une image de marque qui s’améliore. C’est un critère favorable en vue des recrutements. Les EPI en bon état sont un facteur valorisant pour son entreprise, tant vers ses équipes que vers ses clients, ça ne fait aucun doute.

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© Engel
On est loin du vieux bleu en coton...

Toute cette évolution technologique des matériaux n’aurait pas beaucoup d’impact s’il n’y avait pas eu aussi un lifting sur le look et le design. Il y a bien des chaussures de sécurité qui aujourd’hui ne se distinguent quasiment pas des chaussures de sport que portent les jeunes tous les jours. Les vêtements de travail ne ressemblent plus aux classiques bleus en coton des anciens. Et que dire des lunettes ? Elles sont esthétiques et donnent une fière allure à ceux qui les portent. Mettre en place une démarche de prévention dans l’entreprise devient effectivement plus facile avec des produits plus sexy. Les industriels fournisseurs l’ont bien compris...

Guide OPPBTP – EPI des métalliers

Le guide « Vêtements de travail et équipements de protection individuelle des serruriers métalliers » aide les entreprises du secteur à choisir les bons EPI. Il est issu de travaux qui découlent de l’étude métier sur les serruriers métalliers menée conjointement par la Capeb, l’Institut de Recherche et d’Innovation sur la Santé et la Sécurité au Travail (Iris-ST), les services de santé au travail et l’OPPBTP. Cette étude a été réalisée par une équipe pluridisciplinaire composée de médecins du travail, d’ergonomes et de préventeurs, auprès d’entreprises de serrurerie-métallerie dans trois régions de France, selon une méthode adaptée et pragmatique d’analyse et d’évaluation des conditions de travail (MAECT).

À télécharger gratuitement sur www.preventionbtp.fr