En 2026, le secteur, via son syndicat professionnel qui célèbre ses 140 ans d’existence, se trouve à un tournant : confronté à un ralentissement économique et à des incertitudes réglementaires, il reste pourtant un acteur clé de la transition écologique et de la réindustrialisation des territoires.
Un contexte économique difficile
Emmanuel de Laage, président du SCMF, alerte sur un environnement « contraint et parfois instable ». Après une croissance annuelle moyenne de 1,59 % entre 2014 et 2024, le secteur enregistre en 2025 un recul de 3,69 % de son chiffre d’affaires, qui s’établit désormais entre 740 000 et 760 000 tonnes d’acier mises en œuvre (contre 773 365 tonnes en 2024). Les commandes mensuelles ont également baissé de 7,3 % sur la période décembre 2024-novembre 2025, comparé à l’année précédente. Parmi les facteurs explicatifs : un climat d’investissement défavorable, une prudence accrue des investisseurs et des processus décisionnels plus longs.
Une filière stratégique pour l’avenir
Malgré ces défis, le SCMF rappelle que la construction métallique est « au cœur des solutions d’avenir » : décarbonation du bâtiment, réindustrialisation, et production durable. Emmanuel de Laage insiste sur la nécessité d’une politique publique « claire, cohérente et stable », capable de sécuriser les investissements et de reconnaître le rôle central de la filière dans la transition écologique et la souveraineté industrielle. Notons que 5 à 10 % du chiffre d’affaires total est réalisé hors de France, confirmant la compétitivité internationale des entreprises françaises.
Répartition des activités en 2025
Les 850 entreprises du secteur (25 000 collaborateurs) se répartissent en six segments :
- Bâtiments industriels : 60,18 % du tonnage (stable).
- Autres ouvrages (ombrières, supports photovoltaïques) : 12,76 % (+0,35 point).
- Bâtiments agricoles, silos, trémies : 11,02 % (–0,93 point).
- Bâtiments commerciaux, sportifs, sociaux, santé, logements : 9,43 % (+2,4 points).
- Pylônes : 1,94 % (+0,06 point).
- Ponts et passerelles : 4,67 % (–1,42 point).
Les PME et ETI familiales du secteur misent sur l’automatisation et l’optimisation des processus pour améliorer leur productivité, avec un taux d’utilisation des capacités de production en hausse (76,60 % fin 2025).
Perspectives et enjeux
- Emploi : Les effectifs restent stables, malgré des difficultés de recrutement. En 2024, une légère hausse de 1,40 % a été observée, avec une progression des ouvriers (+2 % à +2,48 %), mais une baisse des intérimaires (–7,58 %).
- Construction non résidentielle : Les autorisations de construction ont augmenté de 4,1 % sur 12 mois, et les mises en chantier de 4,5 %, signe d’un marché en légère reprise.
- Innovation : Le SCMF appelle à transformer les contraintes actuelles en leviers de compétitivité, notamment via l’industrie 4.0 et la modernisation des outils de production.
À l’aube de ses 140 ans, la construction métallique française se positionne comme un pilier de l’économie verte et industrielle. Mais pour relever les défis de 2026, elle attend des pouvoirs publics un soutien renforcé et une vision à long terme. « L’acier n’est pas le problème, il est une partie essentielle de la solution », insiste un dirigeant adhérent au SCMF. Restent à déterminer quels seraient les leviers à actionner pour relancer la dynamique du secteur. Et surtout comment concilier transition écologique et compétitivité industrielle ? Un débat à suivre.