Inaugurée le 30 septembre à Saint-Priest, Réemploi-Lyon veut accélérer le réemploi des produits en acier en Auvergne-Rhône-Alpes. Sa mission : stocker temporairement les matériaux issus de la déconstruction pour mieux faire coïncider leur disponibilité avec les besoins des futurs chantiers.

Le réemploi de l’acier franchit une nouvelle étape en Auvergne-Rhône-Alpes. Portée par le CTICM et un consortium d’entreprises régionales, la plateforme Réemploi-Lyon vient répondre à l’un des principaux freins au développement de la filière : le décalage entre le moment où les matériaux sont récupérés et celui où ils peuvent être réutilisés sur un nouveau chantier. Installée aux Ateliers Briand, à Saint-Priest, la plateforme assure un stockage tampon des éléments en acier, mais aussi leur identification et leur requalification. L’objectif est d’atteindre environ 400 tonnes d’acier réemployées chaque année.

Sécuriser la chaîne du réemploi

À la différence du recyclage, le réemploi permet de conserver les éléments en acier existants sans passer par l’étape de refonte. Mais pour changer d’échelle, encore faut-il pouvoir garantir leur traçabilité et leur aptitude à une nouvelle utilisation. Le CTICM apporte son expertise technique et réglementaire au dispositif. Il a notamment élaboré un référentiel français consacré au réemploi des éléments structuraux en acier et dispose d’un laboratoire mobile permettant de réaliser des opérations de requalification au plus près des gisements. « Il manquait encore un maillon physique capable d’absorber le décalage entre la disponibilité du gisement et les besoins d’un nouveau chantier », explique Amor Ben Larbi, directeur de projets de recherche au CTICM.

Une ambition qui dépasse le stockage

Réemploi-Lyon s’inscrit dans l’écosystème « Métal Réemploi », développé par la filière depuis 2024. Le projet réunit notamment Bonhomme Bâtiment, SOCAM, Giraud-Delay, Serimetal et le Groupe Cheval, avec le soutien de la Métropole de Lyon. Au-delà du stockage, la plateforme doit devenir un lieu d’expérimentation et de partage des pratiques. À la clé une amélioration de la traçabilité, des retours d’expérience, développement d’outils communs et diffusion des bonnes pratiques. Pour ses promoteurs, l’enjeu est également industriel. En donnant une nouvelle valeur aux produits issus de la déconstruction, le réemploi peut contribuer à réduire la dépendance aux matières premières et à renforcer l’économie circulaire locale. Après Saint-Priest, l’ambition est désormais de faire essaimer le modèle dans d’autres territoires et, à terme, de l’étendre à d’autres produits en acier.