
Pour des habillages de lieux de fêtes ou de restauration le traitement semble idéal.
L’architecture contemporaine réinvente le métal. Autrefois cantonné aux structures ou aux enveloppes techniques, ce matériau s’impose désormais comme un acteur central de l’expression architecturale, capable de créer des textures, des jeux de lumière et des dispositifs spatiaux inédits. Les surfaces, autrefois secondaires, deviennent un enjeu majeur : elles influencent non seulement l’esthétique des bâtiments, mais aussi leur durabilité et leur résistance aux intempéries. C’est dans ce contexte que l’entreprise italienne Dreamet dévoile une technologie inédite : la Pure Metal Tech. Ce n’est pas une patine, pas une gravure ou un traitement à l’acide, ni une impression et encore moins une peinture. C’est un nouvel univers qui se présente ici, il a été imaginé par un ingénieur spécialiste de la corrosion. Contrairement aux méthodes traditionnelles qui ajoutent des revêtements ou des pigments, cette innovation agit en profondeur, modifiant la structure même du métal pour en transformer les propriétés physiques et optiques. Résultat ? Des surfaces métalliques dont les qualités esthétiques et techniques sont intrinsèques, et non plus superposées.

Une imitation du laiton plus vraie que nature.

Des effets d'acier rouillé sur de l'Inox...
Transformation « cristallographique » de la tôle
Le procédé s’appuie sur un principe issu de l’ingénierie des matériaux : la modification contrôlée de la structure cristalline du métal. La cristallographie est une science qui se penche sur l’étude des matériaux à l’échelle de l’atome. « Elle s’appuie sur le phénomène physique de diffraction des rayons X, des neutrons ou des électrons », lit-on sur un site dédié à la physique. Les techniques classiques (gravure, anodisation, revêtements) se contentent-elles d’agir en surface, cette technique intervient à l’échelle microscopique. Cette approche permet de :
- Éliminer les revêtements et pigments, sources de dégradation dans le temps ;
- Renforcer la résistance à la corrosion, aux UV et à l’abrasion ;
- Garantir une stabilité chromatique durable ;
- Préserver la recyclabilité du matériau.
Une avancée majeure, alors que l’architecture contemporaine privilégie désormais des matériaux performants par nature, plutôt que dépendants de traitements superficiels qui imposent souvent un entretien périodique.
Sur le plan de la durabilité justement, la technologie offre une garantie minimale de dix ans et affiche de sacrés arguments.

Outre les tôles de différentes épaisseurs, le technologie s'applique aussi sur des mailles de préférence en Inox.
Des performances techniques solides
Une solide résistance à la corrosion et aux UV ; une absence de délamination ou d’écaillage ; une bonne adaptation aux environnements extrêmes, comme les zones côtières ou les milieux urbains pollués. Aussi, nous l’avons testé sur un échantillon, la résistance aux rayures est correcte. Des atouts qui en font une solution intéressante pour les enveloppes de bâtiments exposées à des conditions climatiques exigeantes. Les applications conviennent en intérieur comme en extérieur. Cette technologie s’applique à une large gamme de supports métalliques : acier inoxydable, laiton, titane et aluminium (l’acier noir est exclu en raison du risque de corrosion) en tôles, en filets ou en tissus métalliques. Ses usages potentiels sont multiples :
- Revêtements de façade ultra-durables ;
- Brise-soleil et systèmes de filtration lumineuse ;
- Éléments d’architecture intérieure ;
- Structures légères et aménagements paysagers ;
- Mobilier et agencement.
Grâce à cette technologie, les donneurs d’ordres architectes ou designers peuvent intégrer textures, motifs et effets chromatiques directement dans la matière, transformant les façades en surfaces actives, à la fois esthétiques et fonctionnelles. Au-delà de ses performances techniques, ce procédé ouvre la voie à une personnalisation pratiquement sans limites des surfaces métalliques. Textures, gradients de couleurs et motifs graphiques permettent de créer des façades dynamiques, capables de jouer avec la lumière naturelle et de s’adapter aux conditions atmosphériques. Une approche qui s’inscrit dans la tendance actuelle à considérer l’enveloppe du bâtiment comme un élément narratif, à la fois technique et poétique.
Faible impact environnemental
Selon l’entreprise Dreamet, l’impact environnemental serait au cœur de sa démarche. En évitant les traitements chimiques agressifs et les revêtements polymères, cette approche préserve la recyclabilité intégrale du métal. Une avancée majeure en vue d’une réduction de l’empreinte écologique. L’entreprise mise également sur des sources d’énergie renouvelables pour limiter la consommation énergétique durant le processus de fabrication. Avec la Pure Metal Tech, la PME de Modène ne se contente pas d’innover : elle réinvente le rôle du métal dans l’architecture et l’agencement. La tôle change d’expression, ça ne fait pas de doute.
À l’heure où les façades doivent répondre à des contraintes techniques, environnementales et esthétiques toujours plus exigeantes, cette innovation ouvre des perspectives inédites. La convergence entre recherche scientifique, innovation industrielle et création architecturale apporte des solutions permettant aux métalliers et façadiers de se distinguer.
Tous les métaux ne sont pas concernés
Cette technologie Pure Metal Tech s’applique sur des tôles ou des mailles de différentes natures (Inox, laiton, titane, aluminium…) à l’exception de l’acier noir pour une question de risque de corrosion. Plusieurs épaisseurs de tôles sont possibles et selon la nature du métal, l’aspect sera évidemment différent. « Le titane, par exemple, par sa composition chimique donne une teinte particulière. Par contre, l’aluminium, ne permet pas d’obtenir des effets chromatiques ; la couleur peut être apportée par anodisation », précise Pietro Carminati, en charge de la commercialisation des produits Dreamet en France via la société ACD (Architecture Concept Design). « Nous avons des cas de mobilier extérieur avec un aspect laiton alors qu’il s’agit d’Inox. Cela signifie un entretien moindre et un aspect identique ». Il est aussi possible d’envisager un aspect rouillé de type Corten pour des équipements placés en bord de mer… Côté tarif, il faut compter sur un minimum de 200 euros/m2 hors prix de la tôle. pietro.carminati@free.fr