© Manu Larriaga
Le discours de clôture de la célébration de Saint Éloi à Nice avait une intensité inédite. Au-delà de la tradition et de la convivialité, Christophe Bonhomme, président de l’Union des métalliers, a rappelé le contexte politico-économique que connaît le pays.

« Nous sommes en pleine zone de turbulences. Les tensions économiques sont désormais pleinement perceptibles, les difficultés organisationnelles de nos chantiers accentuent la confusion, et l’instabilité politique, l’irresponsabilité de nos élus et leur manque de vision ne font qu’ajouter une couche d’incertitude à ce tableau déjà bien gris.

On pourrait ergoter des heures sur les causes de cette situation : la baisse des compétences, l’absence d’engagement, une société toujours plus superficielle et polarisée au détriment d’une réflexion poussée où la nuance et la responsabilité guideraient nos choix.

Devant toutes les difficultés que nous rencontrons, par lassitude, par résignation, par ce mélange d’impuissance et de fascination, l’entrepreneur ressemble parfois à cet homme, appuyé sur le garde-corps, qui contemple le vide et qui ne voit pas d’autre issue que de s’y laisser glisser…

« Dépasser le stade de la plainte »

Notre métier est justement de fabriquer ces garde-corps : ils doivent être indémontables, infranchissables, à l’épreuve du temps, indestructibles. Nous laisser glisser n’est donc pas notre ADN.

Nous nous devons donc encore et toujours de dépasser le stade du constat et de la plainte pour nous adapter, innover et entreprendre en faisant preuve d’optimisme et d’audace.

L’optimisme et l’audace sont les deux valeurs cardinales qui gouvernent mon mandat :

  • Non pas un optimisme béa qui ferait fi des contraintes et des défis mais un optimisme réaliste qui sait trouver le meilleur, même dans les situations les plus difficiles.
  • Non pas une audace irréfléchie qui conduirait à une prise de risque irraisonnée mais un état d’esprit volontaire qui sait qu’atteindre un objectif ambitieux passe par une préparation précise et des compétences adaptées.

Être optimiste et audacieux c’est regarder vers le haut plutôt que vers l’abîme :

  • C’est admirer la grandeur, la beauté du travail bien fait, c’est éprouver la fierté de l’artisan, de l’inventeur, du créateur.
  • C’est regarder tous les jeunes qui viennent dans nos métiers, qui se forment, qui s’intègrent, qui entreprennent, qui rêvent d’une vie de métalliers durable, harmonieuse, rassembleuse.
  • C’est redonner leurs places aux bonnes nouvelles ; aux découvertes scientifiques qui émerveillent, aux inventions qui allègent la peine, aux innovations qui nous permettront de mieux exercer nos métiers.
  • C’est encourager les entrepreneurs qui s’engagent à décarboner leurs activités et à déployer leur RSE. »