Il est rare qu’un représentant de la métallerie fasse la couverture de l’hebdomadaire du BTP. C’est désormais chose faite avec Frédéric Carré, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), qui s’est exprimé sans détour dans les colonnes du Moniteur.

Il aura fallu attendre qu’un métallier accède à la présidence de la Fédération française du bâtiment pour voir, enfin, un représentant de la profession faire la Une du Moniteur ! Dans son édition du 23 octobre dernier (n° 6432), l’hebdomadaire de référence du BTP consacre en effet une interview à Frédéric Carré, dirigeant de Carré SA, à Tournefeuille, et président de la FFB depuis mars 2026. Dans cet entretien sans langue de bois, le dirigeant livre son analyse de la situation du bâtiment, toutes activités confondues. Son constat est sans appel : « Le bâtiment est au bord du précipice. » Hausse des prix des matières premières, allongement des délais de paiement, reports des mises en chantier, instabilité politique et sociale… Les facteurs de fragilisation du secteur ne manquent pas. Pour autant, Frédéric Carré ne se résigne pas. Face aux difficultés, il affiche une détermination sans faille et interpelle directement le gouvernement sur les mesures indispensables à la relance de l’activité. Plusieurs dossiers majeurs sont ainsi abordés : le dispositif Jeanbrun en faveur de l’investissement locatif privé, la révision de la fiscalité locative, MaPrimeRénov’ou encore la mobilisation de l’épargne privée. Autant de leviers qui, selon lui, doivent être activés pour redonner de l’élan au secteur.

Un entretien offensif

Le président de la FFB se montre tout aussi incisif lorsqu’il évoque la REP PMCB, le dispositif de responsabilité élargie du producteur appliqué aux produits et matériaux de construction du bâtiment, censé organiser la reprise des déchets de chantier. Son jugement est sévère : « Nous payons une éco-contribution qui augmente sans cesse alors même que le service de reprise des déchets n’est pas rendu. C’est du racket ! » Frédéric Carré dénonce également l’inflation des coûts induits par le cadre normatif, les hausses qu’il juge abusives de certains matériaux ainsi que les conséquences de l’augmentation des prix des carburants sur la trésorerie et le quotidien des entreprises. Un entretien offensif, qui donne le ton de la présidence de Frédéric Carré et adresse un message clair aux pouvoirs publics. À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, les candidats sont prévenus : le bâtiment entend faire entendre sa voix et réclame des réponses concrètes à la hauteur des enjeux.