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La balle est dans le camp du métal

Jan, Meyer | 26 juillet 2019 |

Le sport est un phénomène de société qui touche le monde entier. Des plus prestigieux aux plus petits équipements sportifs, il y a un enjeu que les collectivités ne peuvent pas sous-estimer. L’époque est à la polyvalence et à la durabilité. L’acier y est à son aise et fait course en tête sur nombre d’ouvrages. Les métalliers y ont gagné une place sur le podium.


Le sport est partout. Et pour cause, près d’un Français sur deux fait du sport plus d’une fois par mois et parmi eux 72 % au moins une fois par semaine. La demande est phénoménale et les élus veillent à ne pas louper le coche des équipements sportifs. L’enjeu est considérable. Que ce soient les pistes cyclables, le gymnase, la patinoire ou la piscine, l’attractivité d’une ville se mesure grandement à son offre sportive. La prise en compte des nouvelles pratiques tels que les murs d’escalade ou des parcours de remise en forme en plein air participent à l’image d’une cité. Au niveau national le marché du sport pèse la bagatelle de 38,1 milliards d’euros soit près de 1,8 % du produit intérieur brut (chiffres de 2017). Plus de la moitié de ce montant relève des donneurs d’ordres publics qui font notamment construire et rénover les équipements. À côté des « bâtiments stars » comme le Stade de France, par exemple, il y a des milliers de chantiers « anonymes » ou presque. L’extension d’un gymnase municipal, la construction d’une patinoire ou la reconfiguration de la piscine locale en centre aquatique sont autant de terrains de jeu intéressants pour les entreprises de la construction. Parmi elles, les métalleries ont plutôt une bonne place sur le podium. Le métal est en pole position parmi les matériaux privilégiés par les maîtres d’oeuvre.

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UNE TENDANCE ARCHITECTURALE PRO ACIER

Après-guerre, le béton a eu un formidable coup de fouet dans la construction. Il fallait construire vite et pour un coût faible des centaines de milliers de logements. Les barres d’immeubles comme les stades ont alors été entièrement fabriqués en béton. De la structure à la toiture en passant par les gradins, le béton se taillait la part du lion. À l’image du Parc des Princes de Paris dont la configuration actuelle date de 1971, ces structures affichent une identité minérale forte non sans une certaine épaisseur voire lourdeur. Cette identité ne semble plus du tout être recherchée aujourd’hui. Pour les projets ambitieux comme pour les opérations plus modestes, c’est la polyvalence, la rapidité d’exécution et aussi la créativité pour un coût maîtrisé qui priment. Les exemples ne manquent pas où des piscines publiques s’inspirent du tertiaire avec de grands murs-rideaux et des toitures végétalisées, des stades avec des peaux en métal déployé ou en ETFE (ces poches gonflables qui sont éclairées de l’intérieur) et avec des toitures souples en toile. S’il fallait résumer en quelques lignes l’esprit du temps en matière de stades sans doute suffirait-il de regarder l’oeuvre des architectes suisses Herzog & Demeuron. L’Allianz Arena de Munich, le Stade national de Péking et le stade des Girondins de Bordeaux, trois projets totale

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GRANDES PORTÉES ET ÉCONOMIE DE MATIÈRE

« L’acier est prescrit car c’est dans l’esprit du temps, note Guillaume Le Tirant, P.-D.G. de la métallerie SNM à Mouen (14). Les architectes en profitent sur les équipements sportifs car ils ont moins l’opportunité de l’utiliser sur les immeubles de logements. La finesse, la sobriété et la robustesse sont des arguments phare ». Pour ces « usines à spectacles » que le monde entier observe le temps d’un match, d’un concert ou d’une compétition, il s’agit de pouvoir changer d’identité sans trop de difficultés techniques (en cas de changement du sponsor par exemple…), changer la configuration des gradins ou du terrain. Il faut pouvoir recevoir des spectacles musicaux autant que des compétitions sportives, on doit pouvoir accrocher des équipements sur des grands porte-à-faux,comme on le ferait avec des grils techniques d’un Zénith, par exemple. Quand les chantiers ont lieu en zone urbaine densifiée il est bon de réduire les nuisances en termes de bruit et de poussières. Les grandes portées associées à l’économie de matière comptent autant que la déconstruction. Qui sait quelle est la durée de vie d’un de ces stades des temps modernes ? Quinze, vingt ou trente ans ? Pour toutes ces raisons l’acier est dans son élément dans cet univers sportif. Cela se ressent nettement dans les « petits » projets qui reprennent les techniques éprouvées des hangars d’usine ou de grandes surfaces commerciales avec ossature métallique et habillage en bardage métallique. Les charpentiers métalliques y trouvent des débouchés à condition que les marchés ne soient pas traités avec des sociétés étrangères (concurrence du Portugal). Mais qu’en est-il des métalliers ? « Il s’agit en général de marchés en appels d’offres publics. Alors il y a souvent un volume important de travail en métallerie. Tout ce qui concerne la canalisation des foules, la sécurisation, les grilles, les portes, les garde-corps… Parfois, il y a aussi de la petite charpente à réaliser. Tous ces travaux reviennent aux métalliers », résume Jean-Michel Brault, dirigeant avec son frère Hervé de la métallerie Brault à Saint-Rémy-en-Mauges (49). Cette entreprise familiale de 50 salariés sait prendre à elle seule un chantier complet de stade régional.

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QUELS OUVRAGES DE MÉTALLERIE ?

Aux ouvrages que cite le métallier du Maine-et-Loire on peut ajouter les habillages de toutes sortes, les menuiseries et notamment les portes d’entrée, les portillons, les abris à vélos, les escaliers et les passerelles. N’oublions pas les rampes d’accès pour les personnes à mobilité réduite (PMR). Souvent, même sur des équipements de taille moyenne, les ouvrages de métallerie des stades sont conçus pour être plus résistants que pour des ERP classiques. Aussi, la galvanisation à chaud est le traitement de surface le plus couramment utilisé pour la quasi-totalité des ouvrages. Cela vaut pour l’extérieur comme pour l’intérieur. Quand les budgets le permettent, c’est l’Inox qui est prescrit pour les mains courantes et les gardecorps. Dans le cas des piscines et des centres nautiques c’est l’Inox qui s’impose en général sans difficultés malgré le coût plus élevé. « Les travaux avec l’Inox dans ces centres aquatiques doivent être irréprochables, la moindre trace de poussière d’acier peut engendrer une attaque de corrosion. Aussi les sollicitations sont extrêmement fortes et il faut particulièrement surveiller les fixations », souligne Guillaume Le Tirant.

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DES CONTRAINTES PARTICULIÈRES

Même pour ceux qui n’étaient pas nés, le drame du Heysel, en mai 1985, rappelle une des pires catastrophes survenues dans un stade. Un mouvement de foule a provoqué la mort de 39 spectateurs. En cause, l’effondrement d’un muret et d’une grille de séparation. Depuis l’attention est extrême quant au respect des normes en matière de garde-corps notamment. L’Union des métalliers dans son guide dédié aux garde-corps paru en 2009, a accordé un chapitre entier aux ouvrages destinés aux tribunes et stades (voir encadré). « Une des suites du Heysel sans doute est que la résistance à la poussée d’un garde-corps de stade doit être de 170 kg/m contre 100 kg/m en poussée pour un bureau », rappelle Jean-Michel Brault. L’attention est aussi portée sur « les fixations, les ancrages et les entre-axes de poteaux. Ces derniers sont plus réduits que pour un bureau. Les sections de poteaux et de mains courantes sont plus épaisses. Les garde-corps tout verre c’est pareil. Ils doivent être repris avec un multifeuilleté. Il convient de jouer sur les épaisseurs de verre. Dans tous les cas, quand il n’y a pas d’encadrement ou de structure métallique, il faut être en multifeuilleté dans les nez de dalle 55/2 ou 66/2. Il n’y a pas d’autre choix », commente Jean-Michel Brault. L’autre contrainte non négligeable : le délai. Souvent l’inauguration de ces bâtiments est associée à un événement sportif relativement ambitieux. Pas question de décaler le jour de l’ouverture des JO ou d’une coupe du monde à cause de retards de chantiers… « Quand une ville fixe l’inauguration à une date donnée, il vaut mieux pouvoir s’y tenir », prévient Jean-Michel Brault. D’autant que la métallerie peut intervenir par la suite sur la maintenance de l’équipement ou, et c’est porteur, sur les changements à apporter sur la construction.

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